Créer un SaaS solide depuis des dortoirs à l’étranger
Entrepreneuriat nomade SaaS
Créer un SaaS solide depuis des dortoirs à l’étranger
Comment bâtir un service en ligne ambitieux tout en voyageant, en conciliant précarité matérielle, simplicité produit et équilibre de vie personnel.
Lancer un SaaS en vivant dans des dortoirs : la réalité derrière le mythe
Quand on pense à l’entrepreneuriat tech, on imagine souvent des bureaux design, des open spaces lumineux ou des cafés branchés où les idées fusent. Pourtant, mon parcours a été bien différent. J’ai passé des années à coder dans des hostels, parfois dans des dortoirs de plus de trente lits, à l’autre bout du monde : Nouvelle-Zélande, Australie, Canada, Londres. C’est dans ces lieux improbables, souvent bruyants, parfois inconfortables, que j’ai lancé mes premiers side projects, puis des SaaS, et que j’ai appris à construire un business en ligne tout en préservant une qualité de vie qui me ressemble.
Ce contraste entre précarité matérielle et ambition de bâtir un service solide, c’est le point de départ de mon approche : comment créer un SaaS qui fonctionne, sans sacrifier son équilibre personnel, même quand on vit dans un environnement loin d’être idéal ?
L’importance de l’environnement : plus qu’un détail
J’ai longtemps cru que la réussite dépendait uniquement de la volonté et du travail. Mais l’environnement dans lequel tu évolues joue un rôle déterminant. J’ai codé des nuits entières dans des coffee shops ouverts 24h/24, comme les Breka à Vancouver ou les Tosom et Edia à Séoul, entouré d’étudiants qui, comme moi, cherchaient un espace propice à la concentration. J’ai testé des dizaines d’hostels, parfois dans d’anciennes prisons, parfois dans des capsules minuscules, et j’ai vu à quel point le cadre influence la créativité et la productivité.
À force, tu ressens le besoin d’élever ton lifestyle. Les dortoirs, c’est bien un temps, mais pour durer, il faut un environnement qui te porte. Si tu es entouré de négativité ou dans un espace oppressant, ta créativité s’étiole. À l’inverse, un lieu inspirant, même modeste, peut tout changer. Soigne ton environnement, choisis des espaces de coworking adaptés, ou profite de lieux atypiques comme le Polynesian Spa en Nouvelle-Zélande pour brainstormer.
Branding : ton SaaS, c’est toi
Avant même de parler de code ou de fonctionnalités, la première étape, c’est le branding. Ta marque, c’est le reflet de ta personnalité et de tes valeurs. Je consacre chaque semaine du temps à méditer sur mon branding, à réfléchir à l’image que je veux transmettre. Les couleurs, la typographie, le ton de communication : tout doit être cohérent. Pour mon SaaS retainer.io, j’ai défini une palette de trois couleurs dominantes, en pensant à l’émotion que je veux susciter chez mes utilisateurs.
Le branding, ce n’est pas qu’une question d’esthétique. C’est aussi la manière dont tu t’adresses à tes clients, la cohérence de ton discours sur tous les canaux. Il ne s’agit pas d’être figé, mais de rester fidèle à l’essence de ta marque, même si tu adaptes le ton selon les réseaux (TikTok, LinkedIn, Facebook…).
Créer ses avatars clients : la boussole de toutes tes décisions
Un SaaS qui fonctionne, c’est un SaaS qui répond à un problème précis pour une cible précise. Pour y parvenir, j’ai créé des avatars clients ultra-détaillés. Chez moi, il y a Pauline, 24 ans, sportive, sociable, qui adore les bijoux et veut son indépendance financière, et Romain, 32 ans, jeune professeur, passionné de design, qui rêve de devenir freelance pour mieux gérer son temps.
Plus tu détailles tes avatars, plus tu facilites toutes tes décisions : choix des fonctionnalités, ton de communication, canaux marketing… À chaque nouvelle idée, je me demande : “Est-ce que Pauline ou Romain utiliseraient cette fonctionnalité ?” Si la réponse est non, je passe à autre chose.
Pour construire ces avatars, n’hésite pas à les caricaturer, comme les personnages de séries. Donne-leur des goûts, des habitudes, des défauts, des rêves. Utilise même des outils d’IA pour générer leur visage, mais garde toujours la main : l’IA doit rester ton stagiaire, pas ton patron.
Être l’utilisateur de son propre produit
On l’entend souvent, mais peu de fondateurs l’appliquent vraiment : sois le premier utilisateur de ton SaaS. Quand tu utilises ton propre service au quotidien, tu identifies naturellement les points à améliorer, les bugs à corriger, les besoins réels. Tu sais aussi où trouver tes clients, car tu fréquentes les mêmes lieux, les mêmes réseaux.
C’est ce qui m’a permis, par exemple, de savoir que mes avatars passent du temps dans les universités, sur Facebook Marketplace ou dans des espaces de coworking. J’ai pu adapter mon marketing en conséquence, en ciblant les bons endroits, avec le bon message.
L’obsession de la simplicité : un service parfait mais incomplet
La tentation est grande de vouloir tout faire, d’ajouter toujours plus de fonctionnalités. Mais l’expérience m’a appris qu’il vaut mieux proposer un service parfait mais incomplet, plutôt qu’un service complet mais imparfait. Les utilisateurs reviennent pour la qualité, pas pour la quantité.
Regarde l’exemple de Curvo, une fintech belge qui a explosé en ciblant un public jeune avec une application d’investissement ultra-simple. Ils ont commencé par créer une communauté, puis un outil minimaliste, avant de lancer leur application. Leur force ? Une expérience utilisateur limpide, une communication transparente, et un focus sur une tranche d’âge précise.
Pour mon SaaS, j’ai appliqué la même logique : peu de fonctionnalités, mais parfaitement exécutées. C’est ce qui fait la différence entre un produit qu’on utilise et un produit qu’on oublie.
Construire sa communauté avant le produit
Avant même de lancer une application, il est crucial de valider l’existence d’un problème et de rassembler une communauté autour de ce besoin. Curvo, par exemple, a d’abord proposé des outils gratuits pour comparer des ETF, ce qui leur a permis de fédérer un public engagé. Ce sont ces utilisateurs qui ont ensuite demandé une application, garantissant ainsi une traction naturelle au lancement.
Créer du contenu utile, transparent, et donner de la valeur sans compter, c’est la meilleure façon de bâtir une audience fidèle. Même si tu as l’impression de donner beaucoup sans retour immédiat, la confiance s’installe, et le jour où tu proposes une offre payante, tu n’as plus besoin de convaincre.
Marketing : tester, itérer, persévérer
Il n’existe pas de canal magique. Ce qui fonctionne pour un SaaS peut échouer pour un autre. J’ai testé TikTok, les articles de blog, la presse traditionnelle, Reddit, la publicité payante… Parfois, un canal décolle, parfois non. L’important, c’est d’essayer, de mesurer, d’itérer sans cesse.
La publicité peut booster ta croissance, mais elle ne compensera jamais un produit médiocre. Si les utilisateurs ne restent pas, c’est qu’il y a un problème de valeur ou de ciblage. Reviens toujours à tes avatars, interroge tes clients, analyse les données, et ajuste ton offre.
Productivité et discipline : les outils qui font la différence
Travailler seul, sans patron ni horaires fixes, c’est grisant mais risqué. Pour garder le cap, j’utilise des outils comme Forest (une app Pomodoro gamifiée), Focusmate ou Boss à ce service, qui permettent de travailler en binôme ou d’avoir un accountability partner. Ces hacks simples boostent la productivité et brisent la solitude de l’entrepreneur solo.
Je consacre aussi 20 % de mon temps à consommer du contenu (livres, podcasts, formations), et 80 % à créer, tester, itérer. L’important, c’est d’agir, pas de rester bloqué dans la préparation ou la comparaison.
Administratif : choisir le bon pays, le bon statut
Créer une société, c’est souvent vu comme une montagne. Pourtant, certains pays rendent la démarche très accessible. J’ai monté des sociétés au Royaume-Uni (processus 100 % en ligne, fiscalité raisonnable), à Singapour (plus complexe, nécessite un associé local), en Australie (intermédiaire). Selon ton activité, choisis le pays qui correspond à tes besoins, en tenant compte de la fiscalité, des obligations comptables et de la simplicité administrative.
Pour la comptabilité, des services cloud comme Clever Accountant ou Crunch au Royaume-Uni, ou Slick à Singapour, facilitent la gestion à distance. Mais attention : la création est toujours plus simple que la fermeture d’une société. Prends le temps de te renseigner avant de te lancer.
MVP : maximum d’impact, minimum d’effort
Le MVP (Minimum Viable Product), c’est la clé pour tester rapidement une idée sans s’épuiser. L’objectif : fournir un maximum de valeur avec le minimum d’effort. Ne cherche pas la perfection dès le départ. Lance une version simple, recueille des retours, et améliore progressivement.
Ne tombe pas dans le piège de vouloir copier les concurrents ou de te disperser. Parle à tes utilisateurs, sois à l’écoute, et concentre-toi sur ce qui compte vraiment pour eux.
Persévérance et détermination : les vraies armes de l’entrepreneur
Lancer un SaaS, c’est une montagne russe. Il y aura des hauts, des bas, des moments de doute. Mais la persévérance et la détermination sont tes meilleurs alliés. Ne te laisse pas décourager par les échecs ou les lenteurs. Continue d’itérer, de questionner, de t’améliorer.
Prends des notes, analyse tes progrès, célèbre chaque petite victoire. Et surtout, n’oublie pas que moins, c’est souvent plus : concentre-toi sur l’essentiel, sur la valeur que tu apportes, et sur la qualité de l’expérience utilisateur.
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Pierre-Henry Soria
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