Pierre-Henry Soria – Articles en français sur la technologie et la vie intentionnelle

Le regret d’avoir attendu avant de voyager à 19 ans

Il y a des regrets qui marquent une vie. Le mien, c’est de ne pas avoir quitté l’Europe plus tôt, de ne pas avoir osé partir à l’aventure quand j’en avais la possibilité. Si je pouvais parler au jeune que j’étais à 19 ans, je lui dirais sans hésiter : « Pars. N’attends pas. » Car chaque hésitation, chaque attente, c’est du temps et de la vie qui s’envolent.

Ce que j’aurais fait différemment

Je rêvais de parcourir le monde : le Canada, la Nouvelle-Zélande, l’Australie méridionale… J’avais envie de découvrir l’Asie, l’Océanie, l’Amérique du Nord. L’Amérique latine était aussi sur ma liste, mais je n’ai jamais trouvé le temps. Au lieu du Costa Rica, j’ai atterri aux îles Canaries. Ce n’était pas un mauvais choix, mais ce n’était pas celui que j’avais vraiment en tête. Et la Guyane française ? Toujours sur ma bucket list. J’y pense souvent, surtout depuis que j’ai partagé un appartement à Manchester avec une colocataire venue de là-bas. Sa présence m’a donné encore plus envie de découvrir cette région.

Mais je ne suis pas parti. J’ai attendu, hésité. Deux ou trois années se sont écoulées sans que je réalise mes envies profondes. Pendant ce temps, j’aurais pu agir, partir, apprendre. Mais je suis resté immobile, à douter, à me demander si c’était le bon moment.

L’attente fait perdre du temps et de la vie

On croit souvent qu’attendre, c’est être prudent. On se dit qu’on aura plus de temps, plus d’argent, moins d’obligations plus tard. Mais il y aura toujours de nouvelles contraintes, de nouvelles excuses pour repousser ce qui compte vraiment. L’attente t’enferme dans une routine qui n’est pas la tienne, dans un quotidien tiède où tu survis plus que tu ne vis.

C’est comme être perdu dans le désert, assoiffé, sans savoir où trouver de l’eau. Tu dois choisir une direction et avancer, même sans certitude. Peut-être que tu feras fausse route, mais au moins tu auras essayé. Tu pourras alors changer de cap, mais tu ne resteras pas figé à regarder le temps passer.

Faire un choix, même imparfait, c’est avancer

Le plus grand piège, c’est de ne rien faire. On a peur de se tromper, alors on ne choisit pas. Mais c’est en faisant des erreurs qu’on apprend, qu’on découvre ce qui nous correspond vraiment. Si tu hésites entre deux options, choisis-en une. Si ce n’est pas la bonne, tu le sauras, et tu pourras essayer l’autre. Mais rester indécis, c’est ne jamais savoir ce qui aurait pu être.

J’ai stagné pendant deux ou trois ans, à repousser le moment de partir. Avec le recul, je me dis que j’aurais pu gagner tellement de temps, vivre tellement plus d’expériences, si j’avais simplement osé faire un choix.

Le meilleur moment, c’est maintenant

On se raconte que demain sera plus propice, qu’on sera mieux préparé, qu’on aura plus de ressources. Mais la vie ne t’attend pas. Le meilleur moment pour agir, c’est aujourd’hui. Pas demain, pas quand tout sera aligné. C’est maintenant ou jamais.

Si tu sens que ta vie actuelle n’est pas celle que tu veux vraiment, si tu ressens cet inconfort, alors il est temps de passer à l’action. Même si tu ne sais pas exactement où tu vas, même si tu as peur. La vie est trop courte pour rester dans l’attente.

Je ne veux pas que tu aies le même regret que moi. Avance, fais, essaie. Ce n’est pas la destination qui compte, mais le chemin. Si le chemin est beau, profite. Mais si tu sais que tu n’es pas à ta place, n’attends pas que les choses changent d’elles-mêmes. Prends la décision, même imparfaite, et avance.


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Pierre-Henry Soria

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