Présenter les bénéfices d’un produit sans fausses promesses
Dans mon article original, je conseillais de ne pas vendre l’adhésion à un service de rencontre, mais le résultat recherché par ses membres.
Le principe reste juste. La manière de l’appliquer doit toutefois rester honnête. Une plateforme peut faciliter une conversation. Elle ne peut pas garantir une rencontre, encore moins annoncer qu’elle arrivera dans un délai précis.
Distinguer quatre niveaux
Je sépare maintenant quatre éléments :
| Niveau | Question | Exemple |
|---|---|---|
| Fonctionnalité | Qu’est-ce qui existe ? | Messagerie privée |
| Capacité | Que permet-elle de faire ? | Échanger après une mise en relation |
| Bénéfice | Pourquoi cela compte-t-il ? | Continuer une conversation dans le service |
| Preuve | Comment le vérifier ? | Parcours testé, règles visibles et données d’usage |
Cette distinction évite deux erreurs. La première consiste à publier une longue liste technique sans expliquer son intérêt. La seconde consiste à transformer une fonction ordinaire en promesse impossible à tenir.
Relier chaque fonction à un besoin
Je prends une fonctionnalité et je demande : « Quel problème concret réduit-elle ? »
Pour un service de rencontre :
- le blocage aide une personne à interrompre un contact non souhaité ;
- le signalement permet de transmettre un problème à la modération ;
- les préférences de découverte réduisent les profils sans rapport avec la recherche ;
- la vérification peut ajouter un signal de confiance, sans prouver toutes les déclarations du profil.
Le bénéfice devient plus précis lorsqu’il mentionne aussi sa limite. Le blocage protège le parcours dans le service, mais il ne résout pas tous les risques hors ligne. La vérification confirme certains éléments, pas l’intention d’une personne.
Écrire à partir du langage des utilisateurs
Je relis les demandes au support, les entretiens et les tests. Les mots employés par les utilisateurs décrivent souvent mieux le problème que le vocabulaire interne de l’équipe.
Je ne reprends pas automatiquement chaque formule. Je cherche les expressions qui reviennent et je vérifie qu’elles correspondent au produit réel.
Le guide de conception de contenu de GOV.UK recommande de commencer par le besoin utilisateur et d’utiliser des mots que le public comprend. Cette règle fonctionne aussi pour une page produit.
Remplacer la promesse par une démonstration
Je préfère montrer un parcours court :
- la situation de départ ;
- l’action réalisée dans le produit ;
- le résultat visible ;
- la limite ou la condition importante.
Une capture, une courte vidéo ou un exemple réel peut soutenir cette démonstration. Je retire les chiffres qui ne viennent pas d’une mesure fiable et les témoignages impossibles à vérifier.
L’exercice que je conserve
Mon article proposait une feuille avec deux colonnes. Je garde cet exercice en ajoutant deux colonnes :
- liste les fonctionnalités importantes ;
- écris la capacité offerte par chacune ;
- relie cette capacité à un besoin observé ;
- ajoute la preuve et la limite.
La page devient plus claire sans devenir agressive. Le lecteur comprend ce que le produit peut faire, pourquoi cela peut l’aider et ce qu’il ne doit pas en attendre.
Pierre-Henry Soria
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