Réparer un système Linux qui ne démarre plus avec fsck
Une mise à jour peut parfois révéler un problème de disque ou de système de fichiers. Linux s’arrête alors dans un mode de secours, affiche une erreur initramfs ou refuse de monter la partition principale.
J’avais publié une commande rapide il y a plusieurs années. Elle était trop générale. fsck peut corriger un système de fichiers, mais une mauvaise partition ou un disque défaillant peut aggraver la situation.
Cette procédure concerne surtout les partitions ext4. Elle ne remplace pas une sauvegarde.
Lire l’erreur avant d’agir
Une erreur de démarrage ne vient pas toujours du système de fichiers. Elle peut aussi venir de GRUB, d’un noyau, d’un volume chiffré, de LVM ou du matériel.
Si le message cite un UUID, une partition ou une erreur EXT4-fs, note-le. Si le disque fait du bruit, disparaît du BIOS ou remonte des erreurs d’entrée-sortie, arrête les écritures et pense d’abord à récupérer les données.
Démarrer depuis une session live
Crée une clé USB Linux Mint, démarre dessus et choisis la session live. Ouvre ensuite un terminal.
Liste les disques, leurs systèmes de fichiers et leurs points de montage :
1lsblk -f
Tu peux compléter avec :
1sudo blkid
Repère la partition Linux concernée. Sur un PC récent, son nom ressemble souvent à /dev/nvme0n1p2. Sur un autre disque, ce sera peut-être /dev/sda2.
Ne devine pas le nom de la partition. Vérifie son type, sa taille et son UUID.
Vérifier que la partition est démontée
La page de manuel de fsck rappelle qu’il ne faut pas vérifier un système de fichiers monté en écriture.
Contrôle le point de montage avec lsblk -f. Si la partition est montée par la session live, démonte-la :
1sudo umount /dev/nvme0n1p2
Remplace le nom par celui de ta partition.
Lancer la vérification
Pour une partition ext4, lance :
1sudo fsck -f /dev/nvme0n1p2
Lis chaque question avant de confirmer une correction. Je préfère cette approche interactive à l’option -y, qui accepte tout sans contrôle.
Juste après la commande, tu peux lire son code de sortie :
1echo $?
Le manuel distingue notamment 0 pour aucune erreur, 1 pour des erreurs corrigées, 2 lorsqu’un redémarrage est nécessaire et 4 lorsque des erreurs restent présentes. Un code 4 mérite une nouvelle vérification du disque avant de tenter d’autres écritures.
Une fois la vérification terminée, redémarre :
1sudo reboot
Retire la clé USB lorsque l’ordinateur s’éteint.
Les cas où il faut s’arrêter
N’utilise pas cette commande telle quelle sur XFS, Btrfs, ZFS ou une partition chiffrée. Chaque technologie possède ses propres outils. Ne lance pas non plus fsck sur le disque entier, comme /dev/sda, si le système de fichiers se trouve sur /dev/sda2.
Si les erreurs reviennent, consulte les données SMART du disque et sauvegarde ce qui reste accessible. fsck répare une structure logique. Il ne répare pas un SSD ou un disque dur en fin de vie.
Pierre-Henry Soria